Une seule planète
Une Seule Planète, pour des transitions solidaires Bouton menu

Des méthodes pour faire participer le plus grand nombre

Les 7 et 8 Avril dernier, Une Seule Planète, le CCFD Terres Solidaire, Starting Block et Ritimo ont organisé une formation à destination des animateurs des prochains modules de l’Université d’été des mouvements sociaux et de la solidarité internationale, qui se tiendra du 6 au 9 juillet à Besançon.

Au programme : des outils pour construire une participation active de tous les membres durant les modules et ateliers. Joris Thomann vient tout juste de rejoindre Peuples Solidaires. Il nous raconte ce que la formation lui a appris et les outils qu’il retient.

Une Seule Planète : Salut Joris, Peux-tu te présenter brièvement ?

Joris Thomann : Avant d’arrivé en service civique à Peuples Solidaires, j’ai suivi une formation plutôt habituel dans ce milieu, un M2 en coopération internationale et multi-lingue. A Peuples Solidaires, je suis chargé de coordonner les campagnes mises en place par notre structure, de faire de l’animation avec les groupes locaux et de mettre en place des actions de mobilisation. Cela autant en externe que en interne.

USP : Avant cette formation, quand on te parlait d’Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI), à quoi pensais-tu ?

JT : J’avais déjà fait des formations avec l’association Étudiants et Développement. Leur but était de montrer comment faire changer le regard des gens en les sensibilisant sur des thématiques comme la répartition des richesses dans le monde. Les thématiques de l’ECSI sont souvent liées au fait de sortir de l’entre soi. Je me suis rendu compte des enjeux car au départ je ne pensais pas qu’il y avait un schéma de pensée assez naïf dans l’imaginaire collectif. Il y a des associations qui appartiennent à des écoles de commerce ou d’autres et qui se servent de la solidarité internationale pour se faire une petite expérience et le marquer dans leur CV. A l’inverse, l’ECSI sert à faire penser les gens en matière de solidarité internationale.

USP : Après deux jours de formation sur le thème de la participation, tu retiens quoi de la formation ?

JT : Le module que l’on a préparé durant la formation et que l’on va animer lors de l’Université d’été, c’est sur la thématique de comment sortir de l’entre soi au sein des associations, pour mobiliser de nouveaux publics. On s’est rendu compte que ce n’était pas facile car dans le monde des associations de solidarité internationale, c’est parfois difficile de sensibiliser des gens qui ne sont pas du même milieu. On était tous d’accord pour dire qu’on a des publics qui sont toujours un peu les mêmes. Avec cette formation, on a pas mal parlé de participation et d’outils participatifs et cela donne beaucoup de crédit au fait que tout le monde peut porter sa voix. Il faut retenir les avis de tout le monde. Il existe des outils, des méthodologies qui permettent de faire participer le plus grand nombre.

USP : Une définition de la participation ?

JT : J’avais déjà mon idée de ce qu’était la participation, j’avais des outils. Cela renforce ma conviction que les outils participatifs sont essentiels et qu’il faut respecter la place des autres. Pour résumé, avoir conscience de la place de chacun dans débat.

USP : Peux-tu nous décrire un outil de la formation qui t’as marqué ?

JT : Un outil que j’ai beaucoup aimé c’est le GIM, le groupe d’interview mutuel. J’aime bien que l’on puisse s’écouter les uns les autres. Cela passe par le récit, chacun raconte une expérience, une histoire qu’il a vécu, et chacun trouve des leviers, des freins, de l’expérience de l’autre. Tous les leviers et les freins ont été écrits sur le tableau et cette forme de restitution était peut-être un peu longue. C’est la seule critique que je peux faire au GIM. 

USP : Comment vois-tu le poste d’animateur d’ECSI ?

JT : Pour moi ça ne s’improvise pas, il faut être conscient des dynamiques des groupes, il y a toujours un(e) leadeur qui émerge. Être animateur, c’est être conscient de cette dynamique. Cela ne s’improvise pas. Pauline, par exemple, (une animatrice de la formation) nous expliquait tout le temps ce qu’elle faisait, elle montrait les outils qu’elle utilisait.

USP : Et toi, tu te vois devenir animateur d’ECSI ?

JT : Cela fait un peu peur mais je trouve ça assez chouette, ça me plairait mais il faudrait plusieurs essais.

USP : Comment te comporterais-tu devant un public d’adolescents un peu réfractaire à l’idée du débat mouvant ?

JT : J’en sais rien, mais quand un groupe n’a vraiment pas envie de faire quelque chose, ça ne va pas. Si tu vois que le public est directement réfractaire, je pense qu’il faut changer l’activité vers quelque chose de plus spontané. Il ne faut surtout pas passer en force.

USP : Le principe du débat mouvant, cela te semble t-il être un bon moyen de faire s’affronter des opinions divers ?

JT : Le débat mouvant, c’est chouette parce que tu es plus ou moins obligé d’avoir une opinion donc tu te construis un esprit critique. Cela a ses limites comme tout outil pédagogique. Il y a un effet de groupe qui peut s’instaurer et le fait d’être dans le groupe de la minorité va te demander d’argumenter beaucoup alors que si tu suis la masse, c’est possible de ne pas avoir à débattre. Il y a des gens qui ne vont pas forcement participer. Il y a toujours un risque.

USP : Comment va s’organiser le module que tu co-animes lors de l’université d’été ?

JT : Sur le module que nous co-animons avec Peuples Solidaires, pendant la formation, on a validé les différentes catégories d’animation. On va par exemple utiliser le GIM lors de notre module. On va mobiliser des nouveaux publics et pour cela on va utiliser des nouveaux outils de mobilisation. Cela passe par exemple par des ateliers artistiques au sein du module.